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Interview de Boris Faure, nouveau Premier Secrétaire de la FFE

Nouvellement élu Premier Secrétaire de notre Fédération, Boris Faure a accepté de nous accorder sa première interview. Nous lui souhaitons bonne chance dans tous les défis qui l’attendront à ce poste!

 

Peux-tu te présenter brièvement ? 

J’ai 39 ans, je suis père de deux enfants. Je travaille depuis 10 ans au sein du réseau culturel français de l’étranger. Je suis un militant engagé à gauche depuis 20 ans maintenant.  Le militantisme fait partie de mon ADN. Je n’envisage pas ma vie sans engagement. J’ai heureusement la chance d’avoir une femme militante et qui supporte donc que je consacre beaucoup de temps au Parti et à la fédération !

 

Quelle est ton expérience de l’expatriation ?

Je vis et réside à l’étranger depuis 2002. Mon premier départ a été pour des horizons lointains ; j’ai mis le cap en  pour l’Ile Maurice dans l’océan indien. J’y ai découvert un univers totalement multiculturel, et me suis énormément enrichi grâce aux influences africaines et  indiennes, très présentes sur cette île au carrefour de plusieurs « mondes ». Après cette première expérience, je suis arrivé en Pologne, à l’Est de L’Europe, dans un pays francophile et une ville, Varsovie, où j’ai passé cinq heureuses années.  Mon travail à l’institut culturel m’a permis de m’immerger dans l’histoire tragique mais intense de ce pays. J’ai depuis une authentique admiration pour « Solidarnosc » et pour tous ceux qui ont participé à la Chute du mur par leur combat pacifique mais acharné.  Désormais, je vis entre Bruxelles, où réside ma famille, et Paris, où je travaille ; Comme bon nombre d’européens, je transite entre deux pays, et cela permet de relativiser la notion de « frontières » à chaque passage. Je me sens pleinement citoyen européen et citoyen du monde.

 

Quand as-tu commencé à militer à l’étranger et pourquoi ?

J’ai commencé à militer à la FFE en 2006. Je possédais alors plus de 15 ans d’expérience de militantisme en France, dans les structures de jeunesse (UNEF ID et MJS) et dans le syndicalisme (UNSA-Education). Je me suis tourné alors assez naturellement vers la FFE et j’ai également eu mes premiers contacts avec FDM ADFE à ce moment là.  Etre à l’étranger donne du recul sur la vie politique nationale ; Je vois les militants de la FFE comme une possible « avant garde militante », une « internationale » puisque nos sections sont ouvertes pleinement aux étrangers et que nous avons beaucoup de binationaux parmi nous. Notre regard politique « décentré » c’est notre plus value par rapport à la vie politique hexagonale.

 

Tu as été élu Premier Secrétaire de la Fédération des Français de l’Etranger avec plus de 60% des voix, succédant ainsi à Pierre-Yves Le Borgn’. Peux-tu nous expliquer ce qu’est le rôle d’un Premier Secrétaire Fédéral ?

Le Premier secrétaire fédéral assume des fonctions de  direction et représente la FFE auprès des instances nationales du PS. Je suis membre du Conseil national à ce titre. Mais cette fonction est surtout celle d’un animateur, d’un médiateur, d’un coordinateur : notre fédération est composée de plus de 60 sections, d’environ 2000 adhérents. La fonction de 1er secrétaire fédéral donne une vision panoramique sur cet univers militant. Rien ne serait possible en terme d’animation politique sans une équipe solide. Je compte beaucoup sur les membres du Conseil fédéral pour faire preuve d’initiatives, m’aider à faire vivre et animer notre fédération. Je compte m’appuyer naturellement sur les sections et bien sûr être à l’écoute de chaque militant pour aider tout un chacun à s’épanouir au PS.

 

Quel est ton projet pour notre Fédération?

La fédération va célébrer ses trente ans ; Cela appelle d’abord de l’humilité et du respect pour tout ce qui a été bâti par tous les militants et responsables qui m’ont précédé .Ma prise de fonction comme 1er fédéral intervient dans un moment politique victorieux alors que nous venons de remporter brillamment les législatives à l’étranger avec 8 députés de gauche sur 11 possibles ; Nos effectifs militants ont progressé énormément, avec 800 nouveaux adhérents ces 18 derniers mois. Mon projet est donc de consolider et renforcer notre fédération avant tout. En intégrant et formant les nouveaux en priorité. Les socialistes sont au pouvoir ; Le PS a un rôle naturel de soutien au gouvernement et à la politique menée. Mais nous devons mener une campagne permanente et ne pas nous endormir sur nos lauriers. Nous avons un impératif d’imagination, pour que la fédération propose au Parti des idées nouvelles, fasse remonter les aspirations et les inquiétudes de nos concitoyens. Nous devons être pour le gouvernement une « boussole militante » qui rappelle les engagements pris, un « baromètre » de tendance, pour prendre le pouls de l’opinion et proposer des ajustements de politique si nécessaire.

 

Quel est plus précisément le premier chantier que tu souhaites mettre en œuvre?

C’est le chantier de la formation qui m’occupe depuis ma prise de fonction : Avec l’ équipe fédérale, nous voulons réunir fin janvier les secrétaires de section à Paris et faire évoluer ce traditionnel rendez vous que la fédération à l’habitude d’organiser à chaque début d’année. L’originalité de ce rassemblement de 2013 sera de le coupler avec la tenue du conseil fédéral qui est le parlement de la fédération. Je veux proposer solennellement au conseil de valider une feuille de route pour l’année qui vient : vote du budget, préparation de la réforme des statuts, positionnement sur les réformes en cours au niveau du gouvernement. Pour tous les nouveaux conseillers fédéraux, ce moment politique sera aussi un exercice de formation aux responsabilités car pour nombre de mes camarades, c’est une première expérience au Conseil ! Je n’entends rien décider tout seul et je compte continuer à être fidèle à l’idéal « participatif » qui m’anime : Favoriser les initiatives de chacun et associer le maximum de camarades au fonctionnement fédéral.

 

Quelle est ta position sur la probable réforme de  l’Assemblée des Français de l’Etranger ?

Le projet actuel proposé par la ministre Hélène Conway comporte des points positifs, car il va permettre d’étendre la base électorale des sénateurs et de donner des responsabilités locales aux Conseillers consulaires.  Il faut continuer à travailler sur ce projet, notamment par des amendements parlementaires, pour que l’assemblée des Français de l’étranger nouvelle formule soit un échelon intermédiaire qui fasse sens, positionné entre les conseils consulaires et le Parlement.  Nous avons encore du pain sur la planche ; la Droite donne de la voix et organise la guérilla contre le projet. Il faudra donc être solides et courageux pour imposer cette réforme.

 

Tu travailles actuellement en tant que conseiller auprès de la Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères chargée de la Francophonie. En quoi cela consiste t’il ?

Il y a plusieurs acteurs qui constituent la Francophonie « institutionnelle » et mon rôle est de faire le suivi des sujets propres à l’Organisation internationale de la Francophonie et à l’Agence universitaire de la Francophonie. J’assure la « veille »  sur l’actualité francophone et poursuis la mise en œuvre du Plan d’action de la ministre. Je peux partir en mission, comme dernièrement pour représenter mon cabinet en Côte d’Ivoire où se tenait le congrès de l’association internationale des maires francophones. J’ai pu y saluer Bertrand Delanoe, qui préside l’AIMF et dirige son action avec un grand dynamisme. C’est une grande chance de pouvoir nouer des contacts variés grâce à cette fonction et de suivre des sujets politiques brulants, comme par exemple la crise à l’Est de la RDC.

 

Question subsidiaire : Comment c’est de travailler dans le cabinet d’un Ministre ? Est-ce que c’est aussi glamour que l’on se l’imagine ? 

Ce qui est sûr c’est que ce n’est pas une fonction où l’on s’ennuie ! Le rythme est haletant, le contact avec d’autres ministères et cabinet, les relations avec des parlementaires francophones ou des ambassadeurs ou ministres étrangers font qu’on se sent pris en permanence dans une sorte de grand tourbillon d’action.  Au final, je me sens réellement un acteur de ce fameux « Changement » dont a parlé le Président de la république durant sa campagne : changer la Francophonie c’est avant tout changer de regard sur nous mêmes/ Notre société française s’est nourrie des apports des autres peuples issus de l’univers francophone. Cette diversité de culture doit être perçue par tous comme une richesse. C’est grâce à ce changement qu’on fera reculer les extrémismes et la xénophobie ; Nous sommes donc dans un beau combat politique, au service de la tolérance et de la valorisation de la différence. Il y a donc une pleine cohérence entre ma fonction de responsable fédéral au PS et mon rôle de conseiller auprès de la ministre de la Francophonie. C’est un même idéal qui m’anime, qui s’appelle le socialisme et repose sur le lien fraternel entre les hommes.

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