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Soirée-débat sur l’amitié franco-allemande à l’ambassade d’Allemagne

Le 25 septembre, une soirée-débat était organisée à Paris par l’ambassade d’Allemagne sur le « L’amitié franco-allemande au fil des 50 années du Traité de l’Élysée ». La tribune était composée de quatre anciens ambassadeurs, deux français et deux allemands, et la discussion était animée par la secrétaire générale de l’OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse). De nombreux jeunes engagés dans le franco-allemand, via l’OFAJ, l’ambassade ou le DAAD (Office allemand d’échanges universitaires) avaient été invités à assister au débat et à prendre part à la discussion pendant la séance de questions.

 

L’idée qui est ressortie le plus clairement est que l’amitié franco-allemande va de pair avec la construction européenne, qu’elle pâtirait d’un repli sur elle-même qui ignorerait les autres pays européens, et que travailler à l’échelle européenne est un impératif sans alternative. Un résumé très concis est disponible sur le site de l’ambassade.

 

La soirée s’est ouverte sur un discours en français de Madame l’ambassadeur, conclu par une citation de Jean Monnet : « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions. » et une question : avons-nous besoin de nouvelles institutions et si oui lesquelles?

 

Un représentant de l’OFAJ ayant travaillé avec des jeunes français et allemands sur le sujet de la soirée a ensuite pris la parole. Il a notamment mentionné les inquiétudes des jeunes à propos des disparités entre les deux pays du point de vue de la performance économique.

 

Puis la discussion entre les ambassadeurs s’est engagée. Il a été plusieurs fois mentionné, au sujet de cette inquiétude, que l’Allemagne n’a pas toujours été si prospère économiquement, qu’entre les différents Länderla situation est assez hétérogène, et que l’Allemagne fait face à d’autres problèmes sérieux comme la démographie. L’importance des jumelages comme un moyen de faire l’amitié franco-allemande à l’échelle populaire a aussi été soulignée à plusieurs reprises.

 

La spécificité de la relation franco-allemande a fait l’objet de plusieurs remarques. Paradoxale, elle lie deux pays ayant des différences profondes mais coopérant étroitement et ayant chacun l’un pour l’autre une amitié profonde. Issue d’une politique volontariste de réconciliation aux lendemains de la seconde guerre mondiale, elle semble aujourd’hui acquise et évidente. Du point de vue politique, elle se caractérise par le précepte : « Voyez-vous tout le temps. » Il y a ainsi eu en 2010 cinquante-sept visites ministérielles à Berlin. Cela permet d’assurer des relations saines : les malentendus s’éclaircissent rapidement, et l’on ne peut pas se permettre de se mentir. Il faut continuer le dialogue dans tous les domaines, y compris ceux qui sont difficiles comme la politique économique. Même si elle semble aller de soi aujourd’hui, cette relation n’a jamais été un long fleuve tranquille et elle demande un effort quotidien. Nos différences sont une force en ce qu’elles peuvent se voir comme des complémentarités.

 

Il s’agirait maintenant de préparer la relation franco-allemande des cinquante prochaines années. À ce sujet, une jeune allemande a posé la question suivante : qu’attend-on concrètement des jeunes?

 

Les réponses des intervenants ont eu du mal à être concrètes : faire preuve de curiosité envers cette relation pas banale ; s’intéresser aux élections européennes (à venir en 2014) et en faire la promotion ; résorber le déséquilibre touristique entre la France et l’Allemagne.

 

À propos de l’Union européenne, il a été rappelé que celle-ci a été créée dans le contexte de la guerre froide. Il faudrait donc réfléchir à adapter celle-ci au monde actuel qui a beaucoup changé depuis et qui est encore en grande transformation. Quant au rôle de la France et de l’Allemagne dans la construction européenne, un ancien ambassadeur allemand a exprimé l’idée que lorsque nous arrivons à trouver une position commune, le reste de l’Europe suit, et alors le monde écoute l’Europe. C’est ce qui a été appelé le « levier franco-allemand ». Par ce biais nous pouvons défendre les valeurs européennes. Au contraire, si nous agissons séparément, chacun de notre côté, nous ne pouvons faire entendre notre voix. Même l’Allemagne, aussi puissante soit-elle économiquement; quatre-vingt-deux millions d’habitants, c’est une entité qui n’impressionne personne à l’échelle du monde.

 

 

crédit photo @Ambassade d’Allemagne, Paris

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