Soutenez le PS

Adhérez au PS

Claudine Lepage répond à la section de Munich!

Claudine Lepage a habité plus de 30 ans en Allemagne et a été la secrétaire de la section PS de Munich de 2005 à 2007. Puis elle a été élue sénatrice représentant les Français de l’étranger en 2008. Soutient de François Hollande bien avant son élection comme candidat aux primaires citoyennes, elle fait à présent partie de son équipe de campagne et le conseille sur tous les thèmes relatifs aux Français de l’étranger. Elle a accepté de répondre à la section PS de Munich dans la Newsletter Janvier/Février. Voici l’intégralité de l’interview.

 

Peux-tu nous rappeler le parcours qui t’a amené à siéger au Sénat en tant que sénatrice représentant les Français établis hors de France ?

La politique m’a toujours intéressé, mais c’est par le biais associatif que j’ai concrétisé mes premiers engagements : d’abord à l’Union des parents d’élèves, puis à Français du Monde – ADFE (à l’époque ADFE). J’ai ensuite assez rapidement adhéré au Parti socialiste car la politique est le prolongement de l’action associative. Après avoir été présidente de l’ADFE à Munich, j’ai été élue au Conseil supérieur des Français de l’étranger devenu Assemblée des Français de l’étranger en 2004. J’ai accompli plusieurs mandats dans cette assemblée, suis devenue présidente des élus du groupe ADFE et enfin, de 2006 à 2008, j’ai été vice présiden-te de l’AFE. Mon élection au Sénat a été l’aboutissement naturel d’un parcours engagé et militant.

 
Quel est le rôle d’un sénateur représentant les Français de l’étranger ?

Le sénateur des Français de l’étranger est un parlementaire comme les autres, en ce sens qu’il représente la nation. Mais, de même qu’un sénateur d’un département rural connaîtra mieux, et donc défendra avec plus d’engagement et de cœur les intérêts de la ruralité, le sénateur des Français de l’étranger veillera à ce que les intérêts justes de nos compatriotes résidant hors de France soient pris en compte lorsqu’un texte de loi arrive en débat.

 

Tu es secrétaire de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication au Sénat : quelles sont donc les thématiques sur lesquelles tu travailles et qui nous touchent plus particulièrement, nous, Français de l’étranger ?

Parmi les thématiques générales je travaille plus particulièrement sur l’enseignement, notamment sur le bi et le multilinguisme ; mais bien évidemment je m’investis sur l’enseignement français à l’étranger, l’audiovisuel exté-rieur et le patrimoine français à l’étranger. La commission m’a désignée pour représenter le sénat au conseil d’administration de l’AEFE et à celui de l’AEF (l’Audiovisuel extérieur de la France).

 

Le grand débat concernant cette commission ces dernier temps est bien sur la fusion RFI – France 24. Quels sont les enjeux d’une telle fusion ?

Sous prétexte de créer des synergies, le président de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF qui comprend RFI, France 24 et TV5 Monde) veut fusionner RFI, une radio trentenaire, et France 24 une toute jeune chaîne de télévision. La fusion se traduit immédiatement par un déménagement et un deuxième plan social pour un coût d’environ 40 millions d’euros. Au-delà de leur destin personnel, les salariés de RFI craignent pour l’avenir de leur radio. C’est le mariage de la carpe et du lapin, qui tente de mêler deux cultures d’entreprise très diffé-rentes et dont le gain stratégique est plus que douteux. On est même tenté de parler de ménage à trois lors-qu’on considère la place inconfortable qui est celle de TV5. Pour ceux que le sujet intéresse je vous renvoie au rapport pour avis que j’ai rédigé dans le cadre du débat budgétaire 2012.

 

Tu connais bien le monde de l’éducation ayant été toi même enseignante. Peux-tu nous parler du réseau d’éducation français à l’étranger et des problèmes s’y rapportant?

J’ai en effet été enseignante mais pas dans le réseau de l’AEFE! L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger a une double mission: une mission de scolarisation des enfants français à l’étranger, mais aussi une mission de coopération culturelle en direction des enfants étrangers. C’est un outil certes bien géré mais qui souffre d’un désengagement de l’Etat. Ses moyens financiers et humains n’augmentent pas en fonction des besoins: le nombre d’élèves croît,  ce qui est le signe de la qualité de l’enseignement,  mais les crédits ne suivent pas. Ce sont donc les parents qui sont de plus en plus sollicités et assurent une part importante du financement. En outre, le plafond d’emplois empêche la création de nouveaux postes de résidents, ce qui entraîne un recrutement local. Au risque de constater ici ou là une baisse de la qualité de l’enseignement. Dans le cas du recrutement local les salaires sont toujours entièrement financés par les familles.

Le lycée Jean Renoir de Munich a le statut d’Ersatzschule ce qui lui permet d’avoir des subventions de la Ville de Munich pour la maternelle et pour l’école élémentaire. Mais les parents n’en sont pas moins sollicités pour autant !

La question de l’immobilier est brûlante pour l’AEFE car si le MAEE lui en a transféré la charge, il n’a pas transféré les moyens qui doivent l’accompagner (ou susceptibles de l’accompagner)

 

Quels changements as-tu pu observer depuis que le Sénat est passé à gauche?

Il a fallu que la nouvelle opposition comprenne qu’elle n’était plus majoritaire et que la nouvelle majorité prenne la mesure de ses nouvelles responsabilités. Le débat budgétaire a été l’occasion de montrer les orientations de la gauche et de faire voter un certain nombre de mesures phares telles que la suppression du bouclier fiscal et, dans l’ensemble, de raboter le moins possible sur les dépenses sociales tout en augmentant les recettes : un budget responsable qui a bien sûr été revu par la CMP (commission mixte paritaire, composée de 7 députés et de 7 sénateurs, qui tranche lorsque le sénat et l’Assemblée nationale ne sont pas d’accord).

 

Tu es responsable de la thématiques des Français de l’étranger dans la campagne de François Hollande, en quoi cela consiste-t-il exactement ? Quel est le programme de François Hollande pour les Français de l’étranger ? A t’il prévu de s’adresser à nous ?

C’est une tâche exaltante mais parfois ingrate ! Il s’agit de préparer les fiches thématiques pour le candidat, de faire des propositions de voyages en essayant d’être convaincant. Pour le moment, une de nos propositions figure d’ores et déjà dans les 60 premières propositions de François Hollande : elle concerne l’aide à la scolarité sur critères sociaux. François  Hollande s’adressera aux Français de l’étranger lors d’un meeting qui est prévu à Londres et probablement par le biais d’une Lettre qui détaillera ses propositions pour les Français de l’étranger.

 

On parle beaucoup de l’Allemagne ces dernier temps : alors que Nicolas Sarkozy n’a de cesse de vouloir copier tout ce que fait l’Allemagne et la prend aveuglément en exemple pour illustrer ses propositions pour la France, François Hollande semble plus modéré. Quels sont les rapprochements franco-allemands que François Hollande souhaiterait mettre en œuvre si il est élu le 6 mai prochain ?

François Hollande est bien conscient de l’importance du moteur franco-allemand et il a clairement dit vouloir donner une nouvelle dynamique au Traité de l’Elysée dont on fêtera le cinquantième anniversaire en 2013. D’autre part, s’il est élu, François Hollande aura toute légitimité pour renégocier le Traité européen, (qui n’est d’ailleurs ni signé ni ratifié et même contesté dans certains États européens), et y introduire un volet croissance et emploi.

 

Question subsidiaire : Est-ce que Munich te manque?

Oui, non. Les amis me manquent !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.