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Pour une mutualisation de la dette en Europe

Les bourses s’affolent, les marchés perdent confiance, c’est toujours la même rengaine  et aux politiques de tout faire pour calmer les marchés et céder aux caprices des spéculateurs… Mais au lieu de vouloir toujours les calmer, ne faudrait-il pas les contrôler et les désarmer, pour que le sort d’une nation tout entière ne soit plus pendu au fil des agences de notation?

 

Les bourses ont existé de tout temps, elles étaient dans l’antiquité des lieux d’échanges de marchandises, qui ont toujours fait l’objet de spéculations plus ou moins excessives (voir la tulpomanie en 1636). Mais le financement des entreprises par les Bourses n’a été inventé qu’au XVIIième siècle et était un moyen d’injecter des capitaux dans l’industrie et les transports, notamment pendant la révolution industrielle, d’aider les entreprises à se développer et booster l’économie. Mais avec le temps, les bourses ont vu leur rôle changer de moyen d’investissements à long terme, à un moyen de faire des profits immédiats et donc d’investissements à court terme, les marchés boursiers sont devenus la  proie des spéculateurs dont le seul but est l’enrichissement personnel.

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rencontrés en urgence pour trouver une solution, mais ce sommet franco-allemand n’était qu’un écran de fumée. Alors que tous les économistes s’accordent à dire que seule la mutualisation de la dette pourra sortir l’Europe de cette crise, l’Allemagne a dit non, elle ne veut pas d’euro-bons.

 

Petit rappel : la mutualisation de la dette, c’est à dire la mise en commun de la dette de chaque état au niveau européen, permettrait l’émission d’euro-obligations pour financer cette dette dont les taux d’intérêt seraient bien plus bas que les taux d’intérêt proposés aux états les plus faibles de l’Union (notamment la Grèce). Ceci rendrait l’épongement de leurs dettes plus facile et éviterait un défaut de paiement. Si c’est cette solution qui est soutenue par tous les partis de gauche en Europe, les pays bénéficiant de taux d’emprunts bas (Allemagne en tête)  ne sont pas d’accord de se retrouver avec des taux d’emprunts plus élevés.  Par exemple, le 25 août, les taux proposés à la Grèce pour un emprunt sur 10 ans étaient de 18,6% alors que l’Allemagne bénéficie de taux aux alentours de 2,75% sur la même période. Le problème, c’est que les cours de la bourse sont également liés à la santé de notre monnaie, l’euro, elle même liée à l’existence de ces dettes souveraines. Et la Grèce n’est pas le seul pays de l’Union Européenne dans le collimateur des marchés financiers. Si d’autres pays venaient à se retrouver dans une situation similaire, cela entraînerait la chute inexorable de l’euro.

 

Jacques Delors dresse un constat assez alarmiste de la situation européenne dans un entretien accordé à Le Soir il y a quelques jours: les seules solutions selon lui pour sauver l’euro, seraient, soit que les états acceptent une coopération économique renforcée, soit qu’ils transfèrent des pouvoir supplémentaires à l’Union Européenne. Une Europe fédérale avec une gouvernance économique commune, nous y voici donc ! Car la mutualisation de la dette ne peut se passer d’une politique commune : budget, droits sociaux, imposition… C’est une chance pour l’Europe d’engager des réformes de fond en faveur de cette harmonisation. L’idée d’un gouvernement économique proposé par le sommet franco-allemand va dans ce sens mais ce n’est pas en se réunissant deux fois par an que ce gouvernement pourra avoir un impact fort sur l’économie européenne et prendre des décisions efficaces, voire même prendre quelque décision que ce soit.

 

L’idéal européen n’était-il pas de construire une Europe en paix, un environnement stable,  social et équitable? Sans solidarité et harmonisation, point de salut !

 

 

A lire :

–       L’occasion manquée, sur le blog de Pierre-Yves Le Borgn’

–       La gauche européenne s’unit pour défendre la zone euro – Le Monde

–       Le long passé de la dette publique – Le Monde

 

Un commentaire

  1. par Amine Cassim - 5 septembre 2011 à 17 h 12 min

    oui ce qui prevaut actuellement c est le ni ni! ni defaut, ni inflation, ni mutualisation,ni devaluation alors que la FED utilise l outil monetaire pour doper les exportations et diminuer la dette des Etats unis…

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